23 mai 2009

Soins de base à connaître pour vos douleurs

S’il s’agit d’une blessure musculaire ou articulaire au niveau périphérique (membre supérieur ou membre inférieur), il est recommandé d’appliquer de la glace humide dix à quinze minutes avec un bandage compressif pour faire diminuer l’œdème le plus rapidement possible. Vous pouvez répéter l’application de glace trois à quatre fois par jour durant les quarante-huit premières heures. Ce qui se rapproche le plus de la glace concassée utilisée dans les cliniques de physiothérapie est un sac de légumes congelés que vous trouvez à l’épicerie et que vous entourez d’une serviette humide pour avoir un effet en profondeur. L’application de glace uniquement n’est pas suffisante pour faire diminuer l’œdème. Il faut absolument appliquer un bandage compressif avec une compression plus forte en distal qu’en proximal pour favoriser le retour veineux vers le cœur. De plus, l’élévation du membre atteint est recommandée. Lors d’œdème important aux pieds et aux chevilles, le port d’un bas élastique compressif est souvent nécessaire.

L’inflammation est nécessaire afin qu’une structure puisse guérir mais il faut la contrôler. Si le robinet de votre cuisine se brise et que vous fermez l’alimentation d’eau rapidement, vous aurez moins de dégâts dans votre demeure que si vous aviez laissé couler l’eau toute la journée et aviez fermé l’alimentation d’eau seulement le lendemain matin. Le même principe s’applique avec le corps humain. C’est une des raisons qui fait en sorte que les sportifs guérissent beaucoup plus vite que monsieur et madame tout le monde. Leur prise en charge est beaucoup plus rapide, donc les dégâts sont moins importants et la guérison se fait plus efficacement.

S’il s’agit d’une blessure au cou ou au dos, il y a beaucoup de contradictions quant à l’application de glace ou de chaleur étant donné que ce sont des régions avec des masses musculaires plus importantes et que l’on note souvent des spasmes musculaires. Le but de la glace est de diminuer l’œdème et la douleur alors que celui de la chaleur est de relâcher un spasme ou une musculature tendue. Personnellement, s’il y a eu un traumatisme direct, je recommande l’application de glace pour les quarante-huit premières heures et ensuite la chaleur. Mais, s’il n’y a pas eu de traumatismes comme c’est le cas dans plusieurs consultations que je reçois, je recommande la chaleur entourée d’une serviette humide chaude pour avoir un effet de relâchement musculaire. Pour certaines raisons, il y a des gens qui réagissent mieux à la chaleur et d’autres au froid. Dans ce cas, utilisez ce qui vous fait du bien. Votre corps vous parle et vous dit souvent ce qui est bon pour lui. Il suffit de l’écouter.

Pour ce qui en est des crèmes analgésiques vendues en vente libre, certaines sont publicisées plus que d’autres mais cela ne veut pas nécessairement dire qu’elles sont plus efficaces. Elles sont généralement sélectionnées par les gens selon leurs préférences à la sensation de chaleur, de froid, d’odeurs fortes, à leurs croyances, etc. Outre l’effet placebo, elles ont toutes des propriétés différentes mais le principe d’action demeure sensiblement le même d’une crème à l’autre : c’est-à-dire qu’elles faussent l’interprétation de la douleur au niveau du cerveau. C’est un phénomène d’inhibition neurologique de la douleur. Lors d’application de crèmes analgésiques, le cerveau interprète les propriétés de la crème telles la chaleur, le froid, l’odeur, au lieu d’interpréter la douleur. La crème analgésique masque donc temporairement la douleur, aide à soulager et à contrôler les symptômes aiguës et sub-aiguës pendant qu’elle agit mais elle ne règle pas la cause de la douleur lors de problèmes chroniques. Ne vous laissez donc pas séduire par des crèmes dites « miraculeuses » qui vont à la source du problème. La publicité n’est pas toujours synonyme de véracité. Pour les conditions aiguës et sub-aiguës, l’utilisation de crèmes analgésiques est tout à fait justifiée car elle permet de contrôler les symptômes pendant que le corps guérit par lui-même. De plus, en contrôlant la douleur, elle permet parfois à la musculature de se relâcher suffisamment pour éliminer des tensions musculaires. Il existe depuis peu de temps une crème avec des propriétés anti-inflammatoires reconnues vendue en vente libre dans les pharmacies. Cette crème se nomme « Voltaren » et c’est celle que je recommande à tous mes patients. Informez-vous à votre pharmacien. Cependant, rappelez-vous que l’utilisation de crèmes analgésiques ne représente pas une solution complète lors de problèmes chroniques.

Sébastien Plante
Physiothérapeute et ostéopathe
www.sebastienplante.com

Les types de douleur

Il existe des douleurs aiguës, des douleurs sub-aiguës et des douleurs chroniques. On ne traite pas une douleur aiguë de la même façon que l’on traite une douleur chronique car ce ne sont pas les mêmes mécanismes de contrôle de la douleur qui entrent en jeu. Ceci est très important à comprendre. Dans le cas d’une douleur aiguë intense qui survient sans raison, vous devriez toujours consulter votre médecin d’abord pour éliminer toutes pathologies graves. Ce dernier vous prescrira une médication adéquate pour contrôler vos symptômes tout en investiguant la cause de vos douleurs par différents examens. Il s’agit probablement d’un phénomène inflammatoire important qu’il faut contrôler d’abord. Il n’est pas nécessaire de consulter d’emblée un professionnel tel qu’un chiropraticien, physiothérapeute ou ostéopathe. Prenez votre médication et accordez-vous du repos. Lors de pathologies plus importantes, il y a habituellement une perturbation de l’homéostasie générale du corps humain. Les signes et symptômes habituels de douleurs reliées à un cancer sont: douleurs nocturnes, perte de poids inexpliquée, perte d’appétit, apparition de bosses, changement de la texture de la peau, etc.

Dans le cas d’une douleur aiguë qui survient suite à un traumatisme important tel qu’un accident de voiture, une chute importante ou un coup direct important; vous devriez toujours consulter un médecin d’abord pour éliminer tout risque de lésions structurelles (exemple: fracture) avec une radiographie ou des examens complémentaires. Si aucune lésion structurelle n’est décelée ou que le traumatisme n’est pas majeur, vous devez savoir que le corps possède une capacité d’auto guérison incroyable qui prend de quatre à six semaines et dans 80% des cas et plus, la condition se rétablira d’elle-même. Ce n’est donc pas une obligation de consulter un professionnel durant cette période si vous appliquez les principes de traitement de base que j’énumérerai dans une chronique ultérieure. La prise d’une médication anti-inflammatoire et anti-douleur pourra vous aider à contrôler vos symptômes pendant la guérison naturelle du corps.

Les douleurs qui surviennent la nuit et au réveil, de même que les raideurs matinales qui diminuent rapidement peuvent être causées par un oreiller et un matelas inadéquat, une mauvaise position de sommeil, mais la plupart du temps, elles sont causées par des tensions myofasciales trop importantes à l’intérieur du corps. Dans ce cas, une visite en ostéopathie est fortement suggérée.

Les douleurs au lever ou les raideurs matinales qui persistent plusieurs heures malgré l’activation du corps ont souvent une cause inflammatoire. Les problèmes inflammatoires peuvent être multiples allant d’une maladie inflammatoire (arthrite par exemple) à un problème physique tel qu’une bursite. Il y a habituellement présence de signes et symptômes tels que chaleur, rougeur, œdème. La douleur est présente au repos et diminuée par la prise d’anti-inflammatoire non stéroïdien. Dans ce cas, consultez votre médecin ainsi qu’un bon nutritionniste ou naturopathe pour s’assurer que votre alimentation est saine. Trop de gens croient qu’ils s’alimentent bien alors que ce n’est pas du tout le cas lorsqu’on prend le temps de vérifier les aliments qu’ils choisissent. La surconsommation de sucre est un problème majeur dans notre société puisque le sucre est ajouté dans presque tous les aliments que nous consommons. La surconsommation de sucre acidifie l’organisme, le rendant beaucoup plus vulnérable aux divers problèmes inflammatoires. Il faut donc prendre le temps de lire la liste des ingrédients à l’endo de chaque aliment et un bon professionnel pourra vous guider dans cette démarche si vous ne possédez pas les connaissances nécessaires.

Vous êtes dans la phase sub-aiguë si vous éprouvez toujours une douleur ou un inconfort suite à cette période de guérison de quatre à six semaines malgré les recommandations que vous avez suivies. Si la douleur est soulagée par la prise AINS (anti-inflammatoire non stéroïdien), il y a probablement une irritation locale ou un phénomène inflammatoire et il se peut qu’une structure soit lésée. À ce moment, un examen complémentaire tel un scanner ou une résonance magnétique (IRM) pourrait être utilisé. Si la douleur n’est pas soulagée par la prise AINS ou qu’il n’y a aucune position qui soulage la douleur (position antalgique), ce n’est probablement pas un problème inflammatoire. Le scanner et la IRM ne sont donc pas indiqués d’emblée puisqu’il s’agit probablement d’un problème fonctionnel. À ce stade-ci, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé tel qu’un intervenant en physiothérapie, un chiropraticien ou un ostéopathe pour corriger ce problème. Il faut éviter qu’une douleur se chronicise car à ce moment, des centres de douleur au niveau du système nerveux central seront activés et la douleur sera plus difficile à traiter.

S’il n’y a pas eu d’événements traumatiques et que la douleur s’est installée progressivement, vous êtes également dans une phase sub-aiguë ou même chronique et la consultation d’un professionnel est recommandée. Rappelez-vous toutefois qu’il faut d’abord et avant tout enlever le maximum d’éléments perturbateurs possibles pour maximiser vos chances de guérison. Tous ces éléments perturbateurs sont détaillés dans le livre « Vaincre la douleur et la maladie » publié par Québécor.

Si vous éprouvez toujours cette douleur après trois à six mois, vous êtes dans la phase chronique. Vous auriez dû à ce stade-ci avoir consulté plus d’un avis professionnel car il se peut qu’une approche différente de celle qui vous ait été proposée au départ soit nécessaire. Une approche ostéopathique est fortement recommandée car elle évalue le corps dans sa globalité et dispose de plus d’outils pour vous aider. Par contre, elle consiste en une thérapie passive et vous devrez probablement inclure un bon programme d’exercices pour maximiser vos chances de guérison. Certains kinésiologues et entraineur(e)s offrent d’excellents programmes d’exercices adaptés selon votre condition. Certains physiothérapeutes spécialisés en thérapie manuelle offrent également d’excellents traitements dans la phase chronique.

L’aspect proprioceptif est souvent plus important que l’aspect structurel à ce stade-ci et comme une approche bio-psycho-sociale est préconisée, les professionnels qui n’appliquent que des manipulations vertébrales et/ou des thérapies passives avec ultrasons, interférentiel, laser, offrent un traitement incomplet. Un traitement incomplet peut donner des résultats non satisfaisants.

Sébastien Plante
Physiothérapeute et ostéopathe
www.sebastienplante.ca