20 juin 2009

Bien manger, c'est difficile !


Bien manger, c’est difficile. Le nier, c’est ne pas vouloir accepter cette triste réalité. Mais pourquoi est-ce si difficile de bien manger ? Pour plusieurs raisons. D’abord, il y a des millions de gens qui n’ont pas la chance de recevoir un enseignement adéquat sur la façon de se nourrir. L’acte de manger est plutôt perçu comme un besoin pour combler sa faim alors qu’il devrait représenter le moment privilégié de fournir aux cellules qui nous composent ce dont elles ont besoin pour fonctionner sainement. On a souvent tendance à reproduire le modèle dans lequel on a été élevé et il faut énormément de volonté pour changer ses habitudes alimentaires lorsqu’on a pris de mauvaises habitudes pendant plusieurs années. La majorité des gens ne liront pas ces quelques lignes, ni ne se renseignent pas sur la valeur nutritive des aliments qu’ils consomment. Si vous lisez ces lignes, c’est que votre santé vous tient à cœur mais les gens qui veulent se prendre en main pour apporter des changements dans leurs habitudes de vie ne représentent que 10 à 15% de la population. Donc, c’est toujours la plus faible proportion de gens qui se préoccupent de leur santé, qui se questionnent, qui veulent évoluer et éveiller davantage leur conscience. La plus grande proportion s’en balance éperdument car il considère le corps humain comme une machine infaillible jusqu’à ce qu’elle tombe en panne. Et c’est seulement à cet instant, qu’il considère parfois changer.

Ensuite, le but des grandes entreprises multimillionnaires de restauration est de faire de l’argent. C’est normal. Nous vivons dans un système économique très fort et ces compagnies à but lucratif n’ont qu’un seul but : faire plus de profits que l’an dernier. Votre état de santé ne les préoccupe pas. Donc, évidemment qu’ils utiliseront dans leurs aliments tous les sucres, les gras, les additifs alimentaires pour donner bon goût aux aliments car ils savent que la majorité des gens se nourrissent avec leur ventre, avec leurs émotions et non pas avec leur tête. Donc, ils feront tous pour vous plaire et favoriser l’achat de ces aliments « moins santé ». Et comme les gens en achètent et que ces entreprises font des millions de profits, ils peuvent diffuser des publicités partout, tellement qu’elles deviennent omniprésentes. Ces publicités incitent davantage les gens à consommer ces produits et le cercle est complet. On instaure même des jeux divertissants dans ces lieux de malbouffe pour accueillir les nouvelles petites familles. Comme c’est agréable pour les enfants de fréquenter ces lieux, ils n’hésiteront certainement pas à les fréquenter de nouveau rendu à l’adolescence ou à l’âge adulte. Ce n’est pas notre gouvernement qui peut se permettre de promouvoir les aliments santé car il est en déficit! C’est le marketing qui l’emporte, c’est tout. C’est comme les gens qui se plaignent que les joueurs de hockey sont trop payés mais qui continuent d’aller les voir jouer même si le prix des billets a doublé. Tant qu’il y a une demande, rien ne changera. Et croyez-moi, il y a une grande demande pour la malbouffe! Donc, vous n’êtes pas prêt de la voir disparaître. Le plus triste dans tout cela, c’est que nous en sommes tous responsables. Nous en sommes responsables en tant que société puisque nous ne sommes pas solidaires et que nous ne nous entraidons pas les uns les autres. Nous ne pensons qu’à notre petite personne et qu’à nos propres besoins. Ces propos peuvent peut-être brusquer certaines personnes, mais le « nous » représente tout de même 85% des gens. Nous vivons dans une ère d’individualisme.

Troisièmement, il se dit à peu près n’importe quoi sur la nutrition avec une multitude d’opinions contradictoires. Plusieurs individus vont suivre des petits cours de fin de semaine et ensuite, ils croient tout connaître et diffusent de la mauvaise information. On vit également dans une ère de mensonge et de mauvaise information. Il s’écrit plein d’articles complètement faux, basés seulement sur des croyances et des opinions, mais comme les gens n’ont habituellement pas les compétences suffisantes pour juger de la véracité de ces propos, les gens les prennent pour acquis. Combien de naturopathes ont écrit que nous sommes en carence de tels produits, de tels minéraux, … dans le but de favoriser la vente de produit naturel. Nous vivons dans une société de consommation et les produits naturels sont également très lucratifs. Les gens ne savent pas que les carences sont majoritairement dues à un manque d’assimilation de l’organisme plutôt qu’à un manque d’apport. Dans ce cas, à quoi bon consommer tous ces produits ?

Ce problème d’assimilation est majoritairement dû à un blocage du système nerveux central fréquemment relié à divers traumatismes, qu’ils soient physiques ou émotionnels. De surcroît, la supplémentation ne remplace pas un repas. Les gens mangent mal et croit que le produit naturel compensera leur culpabilité de ne pas avoir pris le temps de bien manger. La supplémentation est parfois nécessaire pour combler certaines carences spécifiques sur une période de temps déterminée mais c’est tout. Il faut revenir à la base et commencer par bien manger. Nous avons tout le nécessaire, dans l’alimentation d’aujourd’hui, pour nous permettre d’avoir aucune carence et ce, malgré toutes les mauvaises informations que l’on reçoit. Il suffit de savoir choisir nos aliments. Lorsque je questionne mes patients, ils me répondent tous qu’ils mangent bien. Mais personne ne prend le temps de lire les ingrédients du produit qu’il achète. Ces ingrédients sont toujours écrits en si petit caractère, cachés derrière des publicités « tapes à l’œil » qu’il est presque normal que personne ne s’y arrête. Les gens se fient davantage aux publicités écrites sur les produits et au prix des produits. Par exemple, une publicité indique que tel produit contient des omégas 3. Sachant les bienfaits considérables des omégas 3 sur le corps, plusieurs s’empressent de choisir ce produit. Mais en lisant la liste des ingrédients, on s’aperçoit que le produit en question contient seulement une trace d’oméga 3 et que c’est le dernier ingrédient de la liste. Les ingrédients sont toujours inscrits en ordre de priorité d’importance. Regardez dans votre garde-manger et vérifiez par vous-mêmes. Vous constaterez parfois que vous pensiez bien manger, alors que ce n’est pas toujours le cas. Il y a pratiquement toujours du sucre dans les premiers ingrédients. Essayez donc de choisir des aliments entiers et dont les additifs alimentaires, sucres, colorants, … font parti des derniers ingrédients de la liste et non des premiers. C’est possible car plusieurs personnes le font. Il ne faut pas être plus catholique que le pape. C’est normal de tricher à l’occasion mais 80% du temps, assurez-vous de fournir à votre organisme les bons aliments sans prendre de produits naturels inutilement. Et vous mettrez toutes les chances de votre côté d’être en parfaite santé, de ne pas développer de maladies même si plusieurs personnes de votre entourage vous toussent au visage, même si vous dormez la fenêtre ouverte, ….

Une saine alimentation est le point de départ d’un corps en santé !

Sébastien Plante
Physiothérapeute et ostéopathe