20 févr. 2011

Ce qu’il faut savoir sur le pied

Contrairement à ce que l’on peut penser, le pied n’est pas le point de départ dans l’analyse de la posture et beaucoup de professionnels de la santé font fausse route dans leur analyse. Par conséquent, beaucoup trop d’individus portent des semelles plantaires alors que ce n’est pas nécessaire. D’ailleurs, les recherches démontrent que les populations qui marchent nu pied sont celles qui présentent le moins de problème de pied! Le fait d’avoir un pied plat ou un pied creux n’est pas une indication pour le port de semelle plantaire.

Le pied est d’abord et avant tout une structure sensitive qui reçoit des informations provenant de l’appui plantaire mais également de capteurs céphaliques tels que l’œil, le vestibule et le système manducateur (mâchoire et dent). Son rôle sensitif est aussi important que son rôle mécanique. Le pied fait parti d’une chaîne proprioceptive ouverte entre les capteurs céphaliques et le capteur plantaire. La posture est d’abord déterminée par les informations reçues par les capteurs céphaliques. Par exemple, le maintien du regard horizontal met en branle des réflexes complexes sur le plan oculo-moteur et vestibulaire. Toute mauvaise interprétation par le cerveau entraîne une compensation posturale soit de la tête ou de tout ce qui est en-dessous. Le pied est donc l’autre bout de la chaîne qui reçoit les contraintes mécaniques et sensitives causées par les compensations posturales provenant du haut. C’est à cause de troubles posturaux provenant du haut que l’appui plantaire change. Donc, si une personne présente un blocage mécanique du bassin ou de la hanche, la mécanique du membre inférieur en sera affectée avec une compensation du pied. Il y a donc beaucoup de fasciite plantaire, d’épine de Lenoir et de tendinite du tendon d’Achille qui proviennent d’une dysfonction du bassin et de la hanche.

Ensuite, le problème d’appui retourne la balle vers le haut avec les troubles d’appui plantaire que l’on connaît très bien qui peuvent engendrer des problèmes d’axe sur le membre inférieur et sur le rachis. Par conséquent, certains groupes musculaires seront sollicités davantage et des contraintes inhabituelles se feront sur certaines articulations, d’où l’apparition d’usure et d’arthrose.

Donc, au-delà de l’aspect mécanique du pied qu’il ne faut surtout pas négliger, il ne faut pas oublier le rôle sensitif du pied qui reçoit les informations provenant du haut et qui ajuste la posture et l’équilibre par son rôle proprioceptif.

Après l’analyse et la correction des dysfonctions provenant du haut, la personne pourra avoir recours à des semelles plantaires s’il persiste un problème d’appui plantaire. S’il s’agit de pieds plats, des exercices de renforcement de l’arche plantaire sont fortement recommandés. Par exemple, la personne, pieds nus, essaie d’agripper au sol une serviette avec ses orteils. De plus, des semelles (exerciseurs plantaires) sont recommandées ou des souliers avec un bon soutien de l’arche plantaire interne. Finalement, une prise de conscience de la répartition normale de l’appui plantaire peut aussi vous aider. La personne doit prendre conscience que l’appui plantaire devrait être prépondérant sur la face postéro-externe du talon, la partie extérieur du pied et sur la tête des métatarsiens.

S’il s’agit d’un pied creux, la personne devrait éviter de porter des souliers à talon haut. D’ailleurs, les souliers à talon haut ne sont jamais indiqués pour qui que ce soit car ils engendrent à long terme, une rétraction du mollet et du fascia plantaire qui peuvent conduite à une fasciite plantaire et à l’épine de Lenoir. De plus, la personne avec un pied creux devrait faire attention de ne jamais porter de chaussures trop courtes.

Conseils et recommandations

Assurez-vous de ne pas avoir de verrues plantaires sous le pied, d’induration ou de douleurs palpatoires. Si c’est le cas, il faut absolument que vous corrigiez ce problème ou demandiez à un professionnel qualifié de le faire sinon, vous aurez un déséquilibre postural. Votre cerveau inconscient va obligatoirement modifier votre appui plantaire pour éviter l’appui sur la zone douloureuse ou infectieuse.

Massez vos pieds régulièrement dans votre bain. C’est la partie du corps qui est le plus mis à l’épreuve dans une journée et c’est souvent celle dont on se préoccupe le moins.

Sébastien Plante
Physiothérapeute et ostéopathe

12 févr. 2011

L’importance de s’asseoir en indien pour prévenir les douleurs lombaires

Les causes de douleur lombaire sont très variées. Cependant, il existe certains exercices généraux très efficaces pour diminuer la douleur lombaire, malgré les causes différentes. Ces exercices sont également très efficaces pour prévenir l’apparition de douleur ou la récidive. Nul besoin d’appareillage sophistiqué et dispendieux pour enrayer vos douleurs. Ces exercices sont à la portée de tous mais simplement méconnus !
L’un d’entre eux est simplement de s’asseoir en indien les pieds collés et de laisser descendre les genoux vers le plancher. Cet exercice favorise la rotation externe de la hanche, assure une bonne souplesse des muscles fessiers de la hanche et ouvre l’articulation sacro-iliaque. Il est surprenant de constater que les gens qui ont une bonne souplesse en rotation externe de la hanche n’éprouvent pratiquement jamais de douleur lombaire. Ce n’est pas par hasard que cet exercice fait souvent parti des routines de yoga ! Par contre, les gens qui sont raides en rotation externe de la hanche, et par conséquent qui ont beaucoup de difficulté à faire cet exercice, éprouvent souvent des douleurs lombaires.
La région lombaire fait parti des courbures secondaires, c’est-à-dire qu’elle n’est pas présente à la naissance. Elle se développera plus tard lorsque l’enfant commence à s’asseoir. Par conséquent, cette courbure va compenser pour les blocages et les points de ralentissement ailleurs dans le corps. Donc, il est fréquent que les gens éprouvent une douleur lombaire mais la majorité du temps, la cause est ailleurs. Comme les professionnels de la santé sont formés à traiter les symptômes, les traitements viseront souvent la région lombaire mais si l’on ne traite pas la cause, les résultats seront peu satisfaisants ou la condition récidivera continuellement. C’est exactement ce que nous observons lorsqu’on regarde le système de santé. Ce sont souvent les mêmes gens qui consultent régulièrement pour trouver une solution à leur problème qui persiste.
Une des causes fréquentes des douleurs lombaires est une rigidité de l’articulation sacro-iliaque ainsi qu’une raideur en rotation de la hanche. Ces deux articulations sont directement reliées à la région lombaire par différents ligaments, muscles et membranes. Donc, la mobilité de ces deux articulations est essentielle à retrouver avant même de s’acharner sur la région lombaire. C’est pourquoi l’exercice que je vous ai décrit représente un exercice de choix pour pallier aux douleurs lombaires. Pas surprenant que la majorité des peuples asiatiques ont pris l’habitude de s’asseoir en indien sur une base régulière. Pourquoi ne ferions-nous pas de même en écoutant la télévision au lieu d’être complètement écrasés dans notre fauteuil ?
Cet exercice peut être pratiqué plusieurs fois par jour. Tenez la position au moins 30 secondes et répétez 5 fois de suite. Peu importe votre souplesse, respectez les limites de votre corps en acceptant seulement un étirement léger. Il est inutile d’entrer dans la douleur car le tissu musculaire ne relâchera pas. Normalement, vous devriez observer une nette amélioration de votre condition après 8 semaines d’étirement. Si ce n’est pas votre cas, il est alors souhaitable de consulter un professionnel de la santé car il se peut que vous nécessitiez un ajustement manuel du bassin.
Sébastien Plante pht D.O.

L’influence des yeux dans les douleurs cervicales

Le capteur visuel représente un élément perturbateur qu’il ne faut surtout pas oublier de regarder. Il fait parti des capteurs céphaliques et envoie des informations sensorielles vers le système nerveux central. Le rôle principal du capteur visuel est un rôle de perception. De plus, le maintien du regard horizontal met en branle des réflexes complexes sur le plan oculo-moteur et vestibulaire. Toute mauvaise interprétation par le cerveau entraînera une compensation posturale de tout ce qui est en-dessous. Le capteur visuel est très complexe et parfois difficile à traiter car la majorité des professionnels qui s’en occupent ne sont pas formés pour évaluer l’influence qu’il peut avoir sur le système postural. C’est important de bien voir autant de près que de loin mais c’est également important de comprendre comment un trouble de la vision peut se répercuter sur le corps et être source de douleurs chroniques.

Il est primordial de prendre conscience qu’il existe un lien bio-mécanique entre les yeux et le rachis cervical. En effet, le rachis cervical est là pour faciliter et augmenter la vision. C’est son rôle principal. S’il y a une perturbation de la vision, il y aura forcément une compensation cervicale. Par exemple, si on est en présence d’un œil qui ne converge plus ou qui présente un problème de motricité quelconque, on observera une compensation cervicale pour conserver l’horizontalité du regard. Donc un thérapeute qui évalue la posture d’un sujet et qui note une déviation de la tête doit toujours se poser la question à savoir si c’est réellement un problème cervical ou simplement une adaptation du rachis cervical pour compenser un trouble oculaire. De plus, il y a un lien entre la vision et la posture. On va toujours dans la direction où l’on regarde. Donc, le regard aura des répercussions sur la façon dont se tiennent les gens debout; c’est de la proprioception.

Il existe également un lien entre la vision et la stabilité du corps. Pour se tenir debout, on a besoin des yeux. On est moins stable en absence de vision et cela se mesure facilement sur une plate-forme de stabilité lors d’un examen en posturographie. Par conséquent, un problème visuel non corrigé va entraîner des répercussions sur la stabilité du corps; cette personne va compenser son instabilité avec les muscles cervicaux et cela pourra éventuellement générer des douleurs cervicales. Donc, si vous souffrez de douleurs chroniques et que vous présentez un problème visuel, consultez un optométriste ou un ophtalmologiste. L’optométriste s’occupe des troubles de la vision et fait du dépistage de maladies des yeux et réfère, s’il y a lieu, à l’ophtalmologiste qui traite la maladie de l’œil. Les cataractes, le glaucome et les pathologies de vieillissement de l’œil (dégénérescence oculaire) entraînent une diminution de la netteté visuelle et crée également une instabilité cervicale. Par contre, les gens atteints de ces pathologies doivent attendre environ huit mois avant d’être opérés et ce délai est largement suffisant pour créer des problèmes cervicaux.

Pour ce qui est des verres correcteurs, les gens doivent réaliser que la lunette est un élément d’optique servant à corriger un trouble visuel. Comme les gens ne sont pas bien informés des répercussions du système visuel sur la posture et sur l’entretien de douleurs chroniques, les gens considèrent souvent les lunettes comme un accessoire de mode et d’esthétique sans se soucier du reste. Des récentes études ont démontré que le port de foyers progressifs crée une distorsion de la posture chez la majorité des patients. Plusieurs chercheurs étudient et suivent de près ce phénomène car un jour ou l’autre, nous aurons tous besoin de lunettes en vieillissant dû à la perte d’élasticité du cristallin. Ces chercheurs évoquent que le verre progressif, de par sa constitution, perd son efficacité en périphérie. Cela réduit donc le champ visuel en latéral entraînant par conséquent une compensation cervicale et sollicitant davantage le cou pour compenser la perte de champ visuel. De plus, l’information proprioceptive parvenue au système nerveux central est modifiée et cela entraîne des modifications dans le tonus postural pouvant être à l’origine des douleurs musculo-squelettiques. Il y a même des contre-indications au port de foyers progressifs lors d’hyperlordose cervicale et lors de rigidité importante car ces gens, ne pouvant plus compenser avec leur cou, voient alors apparaître des phénomènes de douleurs. Plusieurs développent des douleurs cervicales, des migraines ou des étourdissements après le port de foyers progressifs sans faire le lien avec la lunette. La variation de la lordose cervicale doit être prise en considération pour bien centrer le verre correcteur de la lunette. L’ajustement de la monture doit être adéquat et parfois les gens ne portent par leurs lunettes correctement sur leur nez.

Les gens qui portent des verres correcteurs se font parfois proposer des foyers progressifs vers l’âge de 45 ans en prévention alors qu’en réalité, ils n’en ont pas nécessairement besoin. Si vous êtes myopes mais que vous voyez bien de près, vous devriez avoir des verres correcteurs pour la myopie seulement. Si vous êtes presbytes, vous devriez avoir des verres correcteurs pour la presbytie. Si vous êtes atteints de presbytie et de myopie, vous devriez avoir deux paires de lunettes, une pour la presbytie lorsque vous lisez de près et une pour la myopie pour voir de loin. Quoi qu’il en soit, la solution n’est pas toujours évidente d’autant plus qu’elle comporte un aspect financier important mais essayez de garder un jugement critique lorsqu’on vous propose quelque chose et analysez-vous; votre corps vous parle et vous guide dans votre recherche de solutions.

Sébastien Plante, physiothérapeute et ostéopathe
www.sebastienplante.com