23 mars 2008

Pourquoi faut-il changer ?

Si vous demandez à votre conjoint, à vos enfants, à votre employeur et à votre entourage s’il y a des choses que vous devriez changer sur vous-mêmes, ils vous répondront presque tous oui, et ils auront probablement raison. Les croyances et les perceptions que vous aviez il y a plusieurs années ne sont peut-être plus tout à fait justes aujourd’hui. L’attitude et le comportement que vous aviez n’est peut-être plus approprié dans votre quotidien. Combien d’enfants disent de leurs parents qu’ils sont « vieux jeu ». Le changement est l’essence même de la vie et la vie est en perpétuelle changement. Les mentalités et les valeurs sociales changent, les gens changent et votre conjoint ne sera plus le même dans vingt ans, c’est normal. Nous devons constamment changer pour continuer à nous améliorer, à évoluer et à grandir. Mais le changement engendre une sensation de peur chez plusieurs personnes car cela les force à agir différemment. Ils se retrouvent soudainement en terrain inconnu, face à une situation inhabituelle dont ils ignorent la suite des événements et le résultat final. Cette peur est inévitable pour vraiment changer et demande du courage. Comme dit Scott Peck : « le courage n’est pas l’absence de la peur, c’est l’action malgré la peur ». Donc, notre première résolution à chaque année devrait être de vouloir changer. Mais comme la majorité des gens ne tiennent pas leurs résolutions, qu’est-ce que nous devrions vraiment changer pour continuer à évoluer ? Devrions-nous changer d’emploi, de voiture, de maison, de conjoint(e), nos habitudes de vies ? Le secret de ce que l’on doit changer a été écrit dans l’Évangile il y a bien longtemps. Nous devons changer ce que nous sommes et non pas ce que nous faisons, c’est-à-dire que nous devons changer notre attitude, notre conduite et notre comportement. Pour pouvoir réellement changer ce que nous sommes, nous devons être en relation avec trois genres de personnes. Tout d’abord, des personnes au-dessus de nous, c’est-à-dire, non pas au niveau hiérarchique, mais des exemples à suivre, des mentors. Ensuite, nous devons être en relation avec nos pairs, notre conjointe, nos amis, ceux avec qui nous partageons notre vie de tous les jours. Finalement, nous devons être en relation avec des gens en-dessous de nous, pour verser nos vies, notre bonté, leur tendre la main et les aider à grandir et évoluer. Quels sont vos mentors au niveau du travail, de l’éducation, de la dimension sociale, de la santé, de la spiritualité ? Prenez le temps d’y réfléchir si vous désirez vraiment changer.

Notre interprétation de la vie est déterminée par la perception que nous avons de ce que l’on vit. Pour pouvoir porter un jugement juste et véridique sur ce qui nous arrive, sur les autres et sur notre environnement, il faut tout d’abord être en mesure de percevoir qui nous sommes réellement en faisant une introspection honnête de notre façon d’être et d’agir envers nous-mêmes et envers les autres. Être capable d’accepter la vérité sur qui on est vraiment en acceptant nos erreurs et nos défauts est parfois douloureux mais nécessaire à notre évolution et à notre désir de changer. Les gens mentent régulièrement aux autres et à eux-mêmes pour éviter la confrontation, la douleur et les conflits. Faire une introspection sur soi demande du courage et les gens qui prennent le temps de le faire en y mettant les efforts nécessaires pour changer vivent de façon beaucoup plus saine que la normale. Cette remise en question sur vos comportements et votre mode de vie vous amènera progressivement à découvrir de nouvelles connaissances, de nouvelles attitudes à adopter, lesquelles doivent être consolidées en les intégrant dans votre style de vie de tous les jours. Ne changez pas pour les autres. Changez pour vous, pour devenir meilleur, pour mieux communiquer, pour vous assurer que les mots que vous employez et la façon dont vous les dites reflètent toujours votre réalité.

Il faut également savoir être patient pour récolter le fruit de ce que l’on a semé. Lorsque vous plantez des graines de carottes dans votre jardin, vous ne récoltez pas des carottes le lendemain matin. Cela peut prendre un certain temps avant que vous réalisiez le changement des événements extérieurs suite à votre changement intérieur. Soyez également persévérants dans les efforts que vous mettrez pour adopter une nouvelle façon d’être et d’agir tout comme vous arroserez votre jardin à chaque jour, vous enlèverez les mauvaises herbes, vous le laisserez mûrir et prendre de l’expansion avant de cueillir la première carotte. Plus vous prenez le temps nécessaire pour travailler sur votre personne, plus il sera facile de cultiver le bonheur. Vous n’avez pas appris à nager la première fois que vous êtes allés à l’eau. Vous y avez mis des efforts et du temps, mais aujourd’hui, vous pouvez vous baigner dans la mer sans craindre de vous noyer. On ne peut pas changer de vieux comportements ou de vieilles croyances du jour au lendemain. C’est impossible, c’est un cheminement progressif. Il faut tout d’abord prendre conscience de nos comportements à changer. Il faut ensuite les accepter et comprendre qu’ils nous empêchent d’évoluer et il faut être disposé à changer. Tout cela nécessite un amour de soi et une auto-discipline. N’essayez pas de tout changer vos défauts et vos fausses croyances du jour au lendemain. Le changement est un processus qui s’étale sur la période de toute une vie. Réfléchissez donc à chaque trait de caractère que vous aimeriez changer et abordez-les un à la fois de façon à réellement changer ce comportement dans votre vie de tous les jours. Lorsque vous maîtriserez cette nouvelle attitude et que votre fausse croyance sera résolue, vous serez mieux disposés pour affronter les autres points à améliorer. Il ne sert à rien de tirer d’un coup sec sur une corde tout entremêlée. Il vaut mieux prendre la peine de défaire calmement et patiemment les nœuds un à un pour réaligner correctement cette corde qu’est votre vie.

14 mars 2008

L’importance de vos dents dans les douleurs cervicales


L’occlusion dentaire peut être observée de deux points de vue : l’occlusion statique ou dynamique. La position statique représente le contact des dents supérieures et inférieures entre elles quand le maximum de dents sont en contact. L’occlusion dynamique représente le fonctionnement et l’interrelation des dents, des muscles et de l’articulation temporo-mandibulaire. On parlera alors d’occlusion traumatique ou non-traumatique.

Les problèmes d’occlusion dentaire sont souvent causés par différentes interventions en dentisterie, des prothèses usées ou mal équilibrées, des dents manquantes, … Ils sont la cause d’un nombre considérable de douleur cervicale, de maux de tête, de douleur à la mâchoire, d’étourdissement, et de problème d’oreille.

Il existe des fonctions oro-faciales déjà enregistrées à la naissance au niveau du système nerveux central qui déterminent une occlusion normale. Une perturbation de l’alignement des dents n’entraîne pas nécessairement une malocclusion. Ce n’est pas une belle position alignée des dents qui détermine si une occlusion est bonne mais plutôt la manière dont les dents, les muscles et les ATM (articulation temporo-mandibulaire) fonctionnent ensemble. Une perturbation de l’alignement des dents représente souvent une adaptation du massif facial face à une perturbation d’une fonction primitive réflexe. Les cinq fonctions oro-faciales de base sont : la déglutition, la succion, la respiration, la mastication et le langage. Les quatre premières représentent des fonctions primitives réflexes, alors que le langage est une fonction cognitive plus élaborée. Ce sont les déterminants de la croissance maxillo-faciale. Donc, s’il y a une perturbation d’une de ces quatre fonctions, cela entraîne une perturbation du système neurologique avec une adaptation du développement maxillo-facial pouvant causer une perturbation de l’alignement dentaire. La majorité des traitements d’orthodontie (broches) se font sur une demande esthétique du client, alors qu’une minorité des demandes sont justifiées pour une raison fonctionnelle.

Lorsque l’occlusion dentaire est perturbée, que ce soit par un mauvais contact dentaire ou par un plombage mal-ajusté, il se produira un déséquilibre neurologique avec une compensation neuromusculaire. Le système nerveux central cherchera à compenser ce mauvais contact pour éviter l’interférence en ajustant les mouvements fins de l’ATM, ce qui engendrera un état de stress musculaire plus important au niveau des muscles de la mâchoire et du cou. À long terme, une détérioration de l’un ou plusieurs éléments de la triade muscle-ATM-dent apparaitra comme par exemple des maux de tête, une usure dentaire prématurée, une douleur faciale, une hypersensibilité dentaire, un craquement articulaire de l’ATM, un déchaussement, une mobilité dentaire excessive, …

Une récente étude a démontré que la majorité des gens qui n’ont pas de molaires, éprouvent des douleurs cervicales. Pour que la fonction s’exprime, il faut une configuration mécanique minimale. Les dents n’ont pas seulement comme fonction le sourire et la mastication. Elles ont un rôle dans le schéma corporel. Le fait de ne pas avoir de dents en arrière amène une adaptation du corps, de la tête et de l’ATM et peut engendrer des problèmes d’oreilles tels que l’acouphène, la sensation d’avoir une oreille bouchée, des problèmes d’ATM avec une mâchoire qui craque ou qui est douloureuse. De plus, cela modifie la posture, car le système manducateur à un rôle érecteur du rachis. La personne se retrouvera avec une courbure dorsale prononcée, une protraction de la tête (tête avancée), une bosse de bison et toutes les répercussions néfastes que cela engendre. D’un point de vue mécanique, la mastication devrait être symétrique et avoir lieu bilatéralement en alternance d’un côté à l’autre. Le fait d’avoir des molaires d’un seul côté entraîne une mastication asymétrique; c’est-à-dire une mastication toujours du côté opposé pour pouvoir réussir à broyer les aliments. Or, cette sur-sollicitation du même côté entraîne deux choses. D’abord, elle augmente considérablement le tonus musculaire des muscles masticateurs de ce côté (masséter, temporal, ptérygoidiens) pouvant être source de douleurs et même conduire à des problèmes crâniens. Ensuite, elle crée une augmentation du mouvement accessoire de l’ATM du côté opposé pouvant engendrer des phénomènes d’hypermobilité ou d’instabilité de l’ATM opposée. Donc, si vous souffrez de douleurs chroniques et que vous n’avez pas de molaires d’un côté ou de l’autre, ou des deux côtés, sachant maintenant les répercussions que cela peut causer, évitez de mâcher de la gomme pour diminuer la sur-sollicitation des muscles masticateurs et faites-vous faire une prothèse dentaire par votre dentiste ou par votre denturologiste. Arrêtez de vous faire traiter à répétition pour des douleurs cervicales qui ne disparaissent jamais si vous avez un problème du système manducateur. Si vous avez déjà une prothèse dentaire, assurez-vous qu’elle est stable, non usée et ajustée à la bonne hauteur (DVO) pour un maximum d’efficacité musculaire, et que vous êtes confortable avec. Sinon, faites la vérifier.

Si depuis quelques temps vous serrez des dents ou grincez des dents, que ce soit le jour ou la nuit, vous devez prendre conscience que cela augmente de façon considérable le tonus et l’activité musculaire des muscles de la mastication, du cou et de la tête. Cela peut facilement être la cause de vos douleurs. Pour ceux qui serrent les dents le jour, diminuez votre stress, faites les efforts nécessaires pour éviter de serrer les dents et évitez de mâcher de la gomme. Pour ceux qui serrent les dents la nuit, c’est un peu plus compliqué car c’est un problème inconscient. Le fait de serrer les dents ou de grincer des dents est majoritairement lié à un problème d’interférence dentaire et exacerbé par un problème émotionnel, qu’il soit psychologique ou physique. Serrer des dents est une façon d’évacuer le stress ou les tensions à l’intérieur de nous. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de personnes qui consultent régulièrement pour des maux de tête ou des douleurs cervicales dont le problème est simplement dû au fait que la personne serre des dents. Vous devez en parler à votre dentiste pour que celui-ci vous fabrique une plaque occlusale équilibrée ou qu’il procède à un équilibrage de votre occlusion. L’idéal serait de régler ce problème émotionnel mais comme ce n’est pas toujours évident, la plaque occlusale aidera en provoquant un réflexe d’inhibition par l’application d’une surface étrangère entre les dents. L’équilibrage de votre occlusion permettra de s’assurer que vos ATM soient centrées (au fond des fosses glénoïdes dans la portion la plus supérieure et antérieure avec le disque interposé), de faire fonctionner vos muscles en coordination et de diriger les forces occlusales dans l’axe long des dents. Ce faisant, l’équilibrage de votre occlusion apportera une détente du système neurologique qui se traduira par une diminution de l’état de stress musculaire et une diminution de vos douleurs. Une consultation en ostéopathie est également fortement suggérée pour éliminer les tensions faciales au niveau de la tête, de la mâchoire et du cou.

Plusieurs dentistes sont conscients des répercussions des problèmes d’occlusion sur les douleurs cervicales mais la plupart d’entre eux ignorent comment gérer ces patients. Les douleurs cervicales, les céphalées provenant du dessus de la tête, des tempes et de derrière les yeux ont un très bon taux de résolution avec l’équilibrage des dents. En plus, une dentition équilibrée ne s’use plus, les traitements dentaires sont beaucoup plus durables, la progression des déchaussements s’arrête et les patients cessent de bruxer (grincer). L’équilibration est une procédure sans douleur qui s’effectue en quelques rendez-vous et ne nécessite aucune anesthésie La dentiste Kathy Emond oriente sa pratique pour évaluer et corriger les problèmes d’occlusion dentaire.

Face à la complexité des douleurs cervicales, à la mâchoire et à la tête, il est impératif qu’il y ait une collaboration entre les médecins, les ORL, les dentistes et les ostéopathes pour parvenir à aider efficacement les cas rebelles. La complémentarité des médecines s’avère essentielle.

Sébastien Plante, physiothérapeute et ostéopathe
www.sebastienplante.com
En collaboration avec Dre Kathy Emond, dentiste (514) 498-8849